Comment sortir de la logique du « foutu pour foutu » ?

Après avoir parlé de ce mécanisme de pensée très fréquent dans un épisode du podcast « Les Maux de la faim », je vous retrouve sur le blog pour disséquer en détail cette logique de sabotage et apprendre à mieux réagir quand elle fait son apparition.

Qu’est-ce que la logique du foutu pour foutu ? Toute personne ayant déjà entrepris un régime se reconnaîtra dans ce mode de pensée. Le foutu pour foutu  est un mécanisme de penser qui consiste à se dire que si on sort du chemin qu’on s’était fixé, autant en sortir complètement et ne pas faire les choses à moitié . C’est un peu comme la logique du tout ou rien : si je ne fais pas parfaitement, je préfère ne pas faire du tout.

Cette logique consiste à tout arrêter quand on ne parvient pas à suivre la ligne directrice qu’on s’était imposée car on part du principe qu’un écart le long du chemin remet en cause la réussite globale.

Je vais vous donner quelques exemples plus parlants :

Je suis à découvert, foutu pour foutu, autant me faire plaisir en m’achetant ce petit sac qui me fait de l’œil depuis quelques temps.

J’ai refumé une cigarette alors que j’avais arrêté depuis une semaine, foutu pour foutu, autant en fumer une autre.

Je n’ai pas entendu mon réveil, foutu pour foutu, autant prendre un bain et mon petit déjeuner, je serai quoi qu’il en soit en retard.

J’ai oublié de souhaiter son anniversaire à ma grand-mère et je m’en rends compte le lendemain, foutu pour foutu, autant ne pas l’appeler du tout.

Et concernant l’alimentation et le rapport au corps, cette logique est omniprésente :

J’ai mangé un burger frites, foutu pour foutu autant tremper les frites dans de la mayonnaise et terminer par un fondant au chocolat.

Je m’étais imposé un régime stricte sans sucre, un soir j’ai mangé un bonbon, foutu pour foutu autant terminer le paquet et arrêter ce régime, je n’y arriverai jamais

C’est une logique de sabotage de ses projets pour punir sa volonté qu’on considère défaillante.

Souvent on applique cette logique uniquement à soi-même car on est toujours plus dur quand on se juge soi.  

Par exemple pour le climat, vous ne vous dites pas : foutu pour foutu, le monde va mal, le réchauffement climatique prend de l’ampleur, autant sortir des accords de Paris et jeter ses déchets dans la rue, il n’y a plus d’espoir. Non, au lieu de ça, vous essayez, a votre échelle de promouvoir cet accord, de trier vos déchets, de remplacer quelques bains par des douches, bref, vous prenez soin de votre planète car elle a de la valeur.

De la même manière, si après une longue journée de travail vous n’avez pas eu le temps et le courage de doucher vos enfants, vous n’allez pas vous dire : foutu pour foutu, autant ne plus les doucher du tout, ce sera notre nouvelle norme. Non, dès le lendemain, vous allez prendre le temps de leur faire prendre leur bain, même s’ils sont énervés après leur journée à l’école et vous, fatigué par votre journée au travail. Parce que vos enfants, vous les aimez et vous voulez en prendre soin.

C’est la même chose pour votre corps : il mérite que vous preniez soin de lui, tout le temps ! d’autant que vous êtes la seule et unique personne qui aura toujours le dernier mot le concernant. Et prendre soin de lui, c’est lui autoriser un plaisir gustatif comme une bonne pizza lors d’une sortie entre amis (aujourd’hui plus lors d’un repas à la maison) tout en prenant soin de lui et en continuant à l’écouter.

On essaye donc de remplacer la logique du foutu pour foutu qui nous pousserait à consommer la pizza en entier et à continuer le repas avec un cheesecake par une écoute bienveillante de ses envies et de ses besoins corporels. Pour ça, il faut commencer par se poser les bonnes questions : on savoure et on se demande plusieurs fois « est ce que j’ai encore faim ? » On apprend donc à s’écouter et à se comprendre. Et si, à deux bouchées de la fin de la pizza, la réponse est « non, je ne ressens plus de sensation de faim, je suis rassasiée », on essaye de s’arrêter. Et si on n’y arrive pas, on ne se jette pas la pierre, on essaye de se voir avec indulgence en se disant qu’à force de se poser la question, on apprendra à mieux s’écouter.

Grâce à cette écoute, on ne gardera que le meilleur de ce repas et de ce moment : la satisfaction de s’être régalé, d’avoir partagé un bon moment entre amis mais également celle d’avoir réussi à s’écouter. C’est ainsi qu’on parvient à se faire plaisir sans culpabiliser et sans ressentir l’inconfort digestif d’un estomac qui a reçu plus que ses besoins.

Et prenez garde aux boissons alcoolisées, chaque verre désinhibe et accélère la mise en place de ce mécanisme de pensée.

Quand on adopte ce mécanisme de pensée négatif, la culpabilité fait son entrée : c’est elle qui nous guide et qui prend les commandes de notre esprit.

Par exemple, si je me suis imposé un régime sans sucre et que je craque pour un gâteau, je vais rompre la monotonie de mon alimentation en consommant un aliment que j’aime mais au lieu de le savourer, je vais  le manger vite, debout, sans penser aux saveurs et donc sans en profiter ! A la culpabilité s’ajoutera donc la frustration.  
Alors que si je m’autorise ce gâteau, que je le déguste lentement, en pensant aux saveurs, je profiterai d’un bon moment qui aura éloigné les frustrations et m’aura permis de retrouver un regain d’entrain pour suivre mon objectif initial : perdre du poids, mais cette-fois ci en prenant le temps de m’écouter au passage.

C’est aussi souvent cette logique du foutu pour foutu qui met fin à la plupart des régimes : si je n’arrive pas à suivre mon régime aujourd’hui, je n’y arriverai jamais.

Pour éviter de céder à ce mécanisme de pensée, il faut :

  • Réévaluer ses objectifs : si on impose à notre corps et à notre esprit des règles qui vont contre sa  nature (comme un régime trop restrictif type soupe au choux) il y a de grandes chances qu’à un moment, ils disent stop et s’opposent cette volonté contre nature. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une force de votre corps qui met en place un mécanisme de protection : ici, je ne peux pas fonctionner correctement en ne mangeant que de la soupe au choux, j’ai besoin d’autres nutriments, d’autres aliments qui vont me procurer un plaisir gustatif que j’ai le droit de réclamer (des féculents, un dessert sucré, du pain avec du fromage, etc…)
  • Garder une part de souplesse et d’imprévu et ne pas être trop précis dans ses prévisions : si un proche m’invite et cuisine un tiramisu, mon gâteau préféré, j’aurai le droit d’en consommer une part et de la savourer même si ce n’est pas quelque chose de planifié
  • S’autoriser à ne pas faire les choses parfaitement : tout simplement parce que la perfection, surtout quand il s’agit d’un corps et d’une alimentation n’existe pas et est donc subjective.

Sortir de cette logique c’est accepter que pour atteindre son objectif final, il faut souvent passer par des chemins sinueux et que la ligne droite, si elle est le chemin le plus rapide, entraine un trop gros risque de chute car elle requiert un oubli de soi qui n’est jamais bon, ni pour le corps, ni pour l’esprit.

Comme quoi les courbes ne sont pas belles que sur les corps, elles jalonnent également les chemins qui mènent vers le bonheur tout en le semant au passage. L’important, ce n’est pas l’arrivée, c’est le voyage. Alors essayez d’adopter un regard plus clément sur votre vie et vos attitudes du quotidien car il s’agit d’être heureux et de s’aimer aujourd’hui, comme dans 10 ans.

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