Le juste prix des produits

Vous n’avez pas pu passer à côté de la révolte du monde agricole. En moyenne, la France perd 26m2 de terres agricoles par seconde soit plus de 82 000 hectares en moins chaque année. Et pourtant, si la gastronomie française fait partie du patrimoine immatériel de l’Humanité valorisé par l’Unesco, la qualité de ses produits du terroir y est pour beaucoup.

Et si la solution pour remédier à cette mort annoncée résidait précisément dans cette spécificité qui a fait notre renommée internationale : la qualité organoleptique et nutritionnelle de nos produits ?

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A l’ère de la production industrielle, la pression des distributeurs a poussé les agriculteurs à baisser continuellement leurs prix au détriment des qualités du produit final qui, à force d’être pressé, n’a plus conservé d’authentique que son nom. Les volailles élevées en batterie ont perdu leur saveur, les légumes sous serre, leurs couleurs et les fromages pasteurisés, leur odeur. Mais ce mode de production semble avoir atteint ses limites. Le coût du travail de nos voisins européens fait de leurs produits en séries des concurrents contre lesquels la lutte est vaine.

Dans ce contexte, certains agriculteurs ont pris le risque de troquer la quantité contre la qualité. Les élevages en batteries ont laissé place à des fermes de taille raisonnée où les animaux sont choyés afin de préserver toutes leurs qualités nutritionnelles et gustatives pour enchanter les papilles des palais les plus gourmands, prêts a dépenser parfois un peu plus pour manger tellement mieux.

Car peut-être aurions-nous tout à gagner à manger en plus petites quantités des aliments de meilleure qualité ?

Si nous mangeons trop, c’est aussi parce que les aliments ont perdu en partie leur saveur. Il nous en faut donc plus pour éprouver la même satisfaction. Cet excès entraîne un stockage et perturbe les mécanismes de régulation de notre corps.

Une tranche de coppa corse, un morceau de beaufort au lait cru des montagnes, des tomates cerises sauvages, du bar de ligne, des légumes bios ayant poussé sous les seuls effets du soleil, une cuisse de poulet fermier, une pointe de crème fraîche d’Isigny,… Autant de produits qui réveillent des souvenirs, invitent au voyage et laissent présager de délicieuses dégustations.

Les producteurs qui font le choix de valoriser leur savoir-faire et leur spécificité peuvent ainsi fixer leur prix loin de la pression exercée par les distributeur et proposer ainsi un coût leur permettant de vivre de leur production tout en nous offrant la possibilité de nous régaler en solo, en duo ou entre amis.

Et si l’avenir, c’était justement de retrouver ce plaisir de produire pour les uns, de savourer pour les autres ?

 

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